Laurent Delbecq pseudonyme John Darling
( 1905 - 1992 )

Né à Leers le 26 octobre 1905, Laurent chante les notes à quatre ans, son père installé au piano. Dès sept ans, accompagné par son oncle organiste, il joue à l'église de la clarinette à treize clés (un instrument qui n'a plus cours de nos jours). Pendant la première guerre mondiale Leers est occupé par les Allemands, le jeune Delbecq ne craint pas, sur le trottoir, à leur barbe, de jouer «La Marseillaise».

En 1921, il travaille à Charnay-les-Mâcon chez Gauthier-Cycles où il est devenu un spécialiste du montage des rayons de bicyclettes et rejoint les rangs de l'Harmonie Municipale de Mâcon ; il en sera beaucoup plus tard le plus ancien membre, en 1922 Laurent entre au comité en qualité de représentant des «jeunes».

A ses talents d'instrumentiste et de chef il joint ceux de compositeur. Admis à 22 ans à la Société des Auteurs et Compositeurs, dont il fut un des plus jeunes sociétaires, il déposera plus de 1000 oeuvres à son nom ou sous le pseudonyme de «John Darling» dont il signe ses morceaux de jazz. Donnons lui la parole : «J'ai voulu écrire sous ce nom des oeuvres originales inspirées par le style américain, mais adaptées aux possibilités et aux moyens des fanfares». Le pseudonyme «John Darling» étant très répandu dans les catalogues amena un chef d'orchestre américain à demander un jour aux Editions Robert Martin la biographie de ce compositeur d’outre-Atlantique dont il a infructueusement recherché le nom dans les annuaires new-yorkais.

Les oeuvres de Laurent Delbecq sont toujours interprétées notamment en France, en Belgique et' en Suisse. Une de ses compositions ayant obtenu le plus de succès est sans contestation possible «Empire Stade Building» évoquant, indique l'auteur : «l'atmosphère d'un gratte-ciel, véritable ville en hauteur» mais aussi les arrangements de l'indicatif de «La Piste aux étoiles» de chansons de Sylvie Vartan et de Rika Zaraï, sans compter de grandes oeuvres classiques.

L'utilisation en fondu-enchaîné d'instruments utilisés jusqu'alors presque uniquement pour des sonneries a permis aux batteries fanfares, grâce à lui et à d'autres compositeurs, de découvrir les innombrables possibilités de renouvellement et de progrès qui leur sont offertes pour le plus grand plaisir de leur public et ce grâce à des compositeurs comme Robert Goute, John Darling, Luypaerts, Ted Huggens, et Paul Yoder.

En 1927 Laurent forme un orchestre de danse et lance le Charleston à Mâcon. C'est lui qui fait connaître le jazz à ses concitoyens. Très rapidement la formation qu'il dirige, en smoking blanc, anime les soirées les plus élégantes de la région, il réunit quelques-uns des meilleurs musiciens: Combépine, Mornand, Gérard Delbecq, Augagneur, les frères Malatier.. et le chanteur Dutot. Les animateurs des «Amis du Théâtre» faisaient appel à son orchestre, Delbecq était l'auteur des arrangements de nombreux couplets des revues présentées chaque année jusque dans les années 1950. Appelé sous les drapeaux en mai 1928, il assure les fonctions de sous-chef de musique au 134ème régiment d'infanterie à Mâcon.

De retour à la vie civile, Laurent reprend sa place à l'Harmonie dont il est nommé sous-directeur en 1936 tout en dirigeant de nombreuses sociétés musicales : Pont-de-Vaux,Crèches, Juliénas, Replonges et même l'harmonie de Bourg. En 1954, il prend la direction de celle de Mâcon, et demeure à sa tête jusqu'en 1970.

Après la Guerre de 1939-1945 Laurent Delbecq rencontre Robert Martin fondateur d'une des plus importantes maisons d'éditions musicales de France. Le compositeur en devint, après 1950, le directeur artistique. Le catalogue général 2000 des Editions Robert Martin comprend 99 oeuvres originales et 89 arrangements signés L. Delbecq ainsi que 47 oeuvres originales et 4 arrangements sous la signature de John Darling.

Lorsqu'il quitte, en 1970, la direction de l'Harmonie Municipale de Mâcon il reprend sa place de clarinettiste. C'est seulement à l'âge de 85 ans qu'il cesse toute activité musicale. Laurent Delbecq était titulaire de la médaille d'honneur des chorales et harmonies, de la médaille d'honneur de la Confédération Musicale de France, officier des Palmes académiques et chevalier dans l'ordre national du Mérite. Il décédera à Mâcon le 25 juin 1992. Sa fille Jeanine est pianiste.


Références le site : http://www.harmoniedemacon.com/historique_017.htm


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