Juan Quintero Muñoz
( 1905 - 1980 )

Juan Quintero Muñoz est né à Ceuta le 19 juin 1903 et a passé toute sa petite enfance avec ses parents à San Roque. A l'âge de six ans, il commence à prendre des leçons de solfège et de piano avec un professeur particulier. Trois ans plus tard, lui et sa famille s'installent à Madrid où il continuera sa formation musicale. Ainsi il devient enfant de choeur à la Capilla Gregoriana, dirigée à cette époque par le maitre Pardo. A onze ans, il compose un couplet intitulé "El monoplano" (en français : "Le monoplan"), joué la première fois dans le cabaret Ideal-Rosales et pour lequel il reçoit dix pesetas et 3 centimes (six centimes d'euros) de droits d'auteur. En 1915, il entre au Conservatoire de musique de Madrid. Il étudie l'harmonie avec Abelardo Bréton et la composition avec Amadeo Vives. Il étudie également le piano avec Joaquín Larregla et le violon avec Julio Francés. Il termine ses études en 1925 et obtient le premier prix de conservatoire de piano. Entre 1925 et 1936, Juan Quintero se consacre à l'interprétation et joue au piano aussi bien des oeuvres classiques que des musiques plus modernes. Il est également suppléant violoniste dans les orchestres de plusieurs théâtres de Madrid. Ainsi il a accompagné le violoniste russe Miltems et la violoncelliste hongroise Faldhesy, le ténor argentin Spaventa et l'actrice espagnole Celia Gámez Carrasco. Il a également fait partie du groupe de musique de chambre "Doble Quinteto Español". Au début des années 1930, il compose, avec le violoniste Jesús Fernández Lorenzo, une de ses oeuvres les plus connues : le pasodoble torero "En er mundo", créé à l'origine pour un saxophiniste cubain connu sous le nom de "Aquilino". En 1932, il compose "Morucha", une autre de ses chansons les plus populaires. Pendant cette période, il compose de nombreuses autres chansons, pasodobles et tangos. Aux prémices de la guerre civile espagnole, il travaillait comme pianiste accompagnateur et violoniste dans l'orchestre du cinéma Capitol et au théâtre Alcalá de Madrid. bien qu'il ne fut pas envoyé au front, il fut mobilisé et rempli des fonctions administratives pour l'armée républicaine au quartier général de Madrid.

En 1938, il se maria avec Paquita Martos. Le 14 mars 1941, l'oeuvre de Juan Quintero intitulé "Yola, zarzuela (opérette espagnole) comique moderne en deux actes", avec un livret écrit par le cinéaste José Luis Sáenz de Heredia et Federico Vázquez Ochando. Cette oeuvre fut spécialement composée pour l'actrice Celia Gámez. Le succès de cette oeuvre fut tel que Juan Quintero fut amené à composer une autre comédie musicale pour Celia Gámez : "Si Fausto fuera Faustina" (en français : "Si Faust était Faustine"), avec un livret écrit par José Luis Sáenz de Heredia. En 1946, il composa deux autres comédies musicales : "Ayer estrené vergüenza" (en français : "Hier, j'ai eu honte") et "Matrimonio a plazos" (en français : "Mariage à crédit").

Malgré le succès de ses comédies musicales, Juan Quintero cessa de composer pour le théâtre et se consacra au cinéma. Ses débuts dans le cinéma furent fortuits. Juan Quintero vivait dans le même immeuble que l’actrice Guadalupe Muñoz Sampedro. Chez cette actrice, il rencontra l’acteur Juan de Orduña, qui sera plus tard l’un des plus importants directeurs cinématographiques de l’après-guerre. Juan de Orduña écouta le maître Quintero interpréter sa « Suite Granadina » et lui proposa de réaliser un documentaire sur Grenade en se basant sur sa musique. Quintero orchestra l’œuvre et, à partir de cette partition, le documentaire se structura. Sa première partition cinématographique fut écrite pour le court-métrage de Carlos Arévalo intitulé « Ya vien el cortejo » (en français : « Voilà le cortège »), basé sur un poème de Rubén Darío. Dans ce court-métrage, Juan de Orduña avait été choisi pour réciter le poème et ce fut lui qui proposa au directeur de travailler avec Quintero. En 1940, il participa avec le maitre Ruiz de Azagra, à l’écriture de la musique du film « La gitanilla » (en français « la petite gitane »), dirigé par Fernando Delgado. Des mois plus tard, il composa seul la musique de « La florista de la reina » (en français : « la fleuriste de la Reine ») dirigé par Eusebio Fernández Ardavín.

Juan de Orduña fit appel à son ami Quintero pour la réalisation de son premier film « Porque te vi llorar » (en français : « pourquoi je te vis pleurer ») en 1941. A partir d’ici, commença une longue et fructueuse collaboration entre les deux hommes.

De 1940 jusqu’aux années 1960, Juan Quintero a écrit les musiques de plus d’une centaine de films et a travaillé avec les directeurs cinématographiques les plus représentatifs du moment tels que : Eusebio Fernández Ardavín, José Luis Sáenz de Heredia, Rafael Gil, Ladislao Vaida, Juan de Orduña,… Les compositeurs espagnoles du cinéma ne se contentent pas de composer la musique du film : ils doivent aussi se charger de l’orchestration, de la direction, de l’enregistrement de la musique et de trouver les musiciens.

En 1952, après plusieurs années comme conseiller à la Société Générale des Auteurs, il fut nommé chef de la section cinéma, après la mort de José Forns. A la fin des années 1950, en partie à cause de sa surdité croissante, il arrêta de composer pour le cinéma et se consacra à des travaux administratifs.

Il mourut le 26 janvier 1980 à l’âge de 76 ans.


Références le site : http://es.wikipedia.org/wiki/Juan_Quintero_Mu%C3%B1oz


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