Giacomo Meyerbeer
( 1791 - 1864 )

Giacomo Meyerbeer, de son vrai nom Jakob Liebmann Meyer Beer, est un compositeur allemand né à Tasdorf, près de Berlin le 5 septembre 1791 et mort à Paris le 2 mai 1864. Ses œuvres sont considérées comme fondatrices du « Grand opéra français ».

Né dans une riche famille berlinoise de confession juive en contact avec l'élite intellectuelle, deux de ses frères deviendront célèbres : l'astronome Wilhelm Beer, et le poète et dramaturge Michael Beer. A la suite du décès de son grand-père maternel Liepmann (ou Liebmann) Meyer Wulff survenu le 16 août 1812, il accole à son nom « Beer » son troisième prénom « Meyer » qui lui avait été donné en l’honneur de son aïeul, et se fait désormais appeler Meyerbeer. Il italianisera ensuite son prénom vers 1826.

Bénéficiant d'une large éducation, il apprend très tôt le piano avec Franz Lauska et Muzio Clementi, joue en public dès l'âge de 11 ans et acquiert très vite une réputation de pianiste brillant. Il étudie entre 1805 et 1807 la composition avec Carl Friedrich Zelter (professeur de Felix Mendelssohn) et Bernhard Anselm Weber (directeur de l’Opéra de Berlin). Encore élève de ce dernier, il compose sa première ouvre scénique, le ballet-pantomime Der Fischer und das Milchmädchen, qui est créé au Théâtre royal de Berlin le 26 mars 1810. Il se rend à Darmstadt pour recevoir l’enseignement (jusqu’en 1811) de l’abbé Vogler chez lequel il a pour compagnon d’étude Carl Maria von Weber, avec lequel il nouera une profonde et durable amitié.

A Darmstadt, il compose en 1811 un oratorio Gott und die Natur (créé à Berlin le 8 mai 1811), suivi d’un opéra Jephthas Gelübde (Munich, 23 décembre 1812). Puis, son singspiel, Wirt und Gast, oder Aus Scherz Ernst (créé à Stuttgart le 6 janvier 1813 essuie un échec. Il le révise pour être représenté à Vienne (20 octobre 1814) sous le titre Die beiden Kalifen, mais l’ouvrage ne réussit pas mieux. Meyerbeer tente de se faire remarquer à Vienne comme pianiste dans les cercles privés. Le soir de son arrivée cependant, il assiste à un concert de Hummel ; il est tellement subjugué par l’exceptionnel talent de pianiste de ce dernier qu’il décide de se retirer pendant dix mois afin de revoir entièrement sa technique de jeu. Il compose également à cette époque de très nombreuses pièces pour pianoforte, qui ne seront pas publiées. Enfin, estimant qu’il est désormais prêt pour affronter le public, il donne son premier concert à Vienne, qui fait sensation. Fétis rapporte le sentiment de Moscheles, selon lequel peu de pianistes auraient pu rivaliser avec Meyerbeer si ce dernier avait décidé d’embrasser une carrière de virtuose. Il participe également, en tant que percussionniste, à la création, le 8 décembre 1813, de La Bataille de Vittoria de Beethoven sous la direction du compositeur. En novembre 1814, il voyage à Paris et à Londres

En 1815, il se rend en Italie (sans doute sur les conseils d'Antonio Salieri) où il assiste à une représentation du Tancredi de Gioachino Rossini. Ce spectacle est une véritable révélation. Il compose une cantate pastorale, Gli amori di Teolinda, puis des opéras qui lui assurent une notoriété croissante : Romilda e Costanza (1817), Semiramide riconosciuta (1819), Emma di Resburgo (1819), Margherita d'Anjou (1820), L'esule di Granata (1822) et enfin Il crociato in Egitto (1824) qui est créé à Venise. Ce dernier ouvrage recueille un immense succès, Meyerbeer étant placé par le public italien à un niveau d’égalité avec Rossini. Il Crociato est alors représenté de façon triomphale au King’s Theater de Londres (23 juillet 1825) et au Théâtre-Italien à Paris.

Meyerbeer profite de l'occasion pour s’installer dans la capitale française où il a préféré suivre Rossini plutôt que de rester en Italie sans celui qu'il considère comme son maître (alors que Rossini est de six mois son cadet). Il adapte pour la scène française son opéra Margherita d'Anjou, qui est représenté le 11 mars 1826.

Il épouse le 25 mai 1826 sa cousine Minna Mosson, avec qui il aura deux enfants, Eugénie et Alfred, qui mourront en bas âge.

Sous la protection de Luigi Cherubini, il entame en 1827 une fructueuse collaboration avec le librettiste Eugène Scribe. Leur première œuvre commune, Robert le Diable, est créée à l'Opéra en 1831 où il est l'« un des plus grands triomphes de tous les temps». Après La Muette de Portici de Daniel-François-Esprit Auber (1828) et Guillaume Tell, le dernier opéra de Rossini (1829), cette œuvre pose les bases de ce qui deviendra le « Grand opéra », nouveau genre (dont les principales caractéristiques sont celles d’être un drame sur fond historique, aux situations théâtrales tragiques, avec des décors et des ballets fastueux) dans lequel nombre de compositeurs se sentent désormais obligés de faire leurs preuves.

La consécration passe en effet désormais par Paris où Donizetti, Verdi et même Wagner chercheront à briller à l'égal de Meyerbeer. Rossini s'étant retiré, il laisse le champ libre au succès de Meyerbeer. Cinq ans plus tard (perfectionniste, le compositeur allemand n'avait pas la facilité de gestation de son maître italien), Les Huguenots remportent un triomphe encore plus absolu.

En 1836, Meyerbeer et Scribe commencent à travailler sur un nouvel opéra Le Prophète. Ils élaborent à part d’août 1837 les premières esquisses de L'Africaine, opéra destiné à la célèbre Cornélie Falcon. Néanmoins, cette dernière commençant à connaître des difficultés vocales, Meyerbeer abandonne (provisoirement) la partition. Il reprend alors Le Prophète qui est achevé dès 1840. Cependant, la création ne cesse d’être repoussée, les chanteurs disponibles ne répondant pas aux exigences du compositeur.

Le 11 juin 1842, il est nommé directeur général de la musique de Prusse par l'empereur Frédéric-Guillaume IV et prend la suite de Gaspare Spontini à la direction de l'Opéra de Berlin. Il compose un certain nombre d’œuvres pour des circonstances officielles, et notamment l’opéra Ein Feldlager in Schlesien (« Un camp en Silésie ») créé en 1844 pour la réouverture de l’Opéra après sa destruction dans un incendie et qui ne sera couronné de succès que lorsque Jenny Lind sera appelée par Meyerbeer pour chanter le premier rôle. Il monte Euryanthe de Carl Maria von Weber, mais aussi Rienzi (à l’occasion de l’anniversaire du roi) et Le Vaisseau fantôme de Wagner. « Médiocre chef d'orchestre », et trop éloigné désormais du goût allemand, il est démis de ses fonctions le 26 novembre 1848 et rentre à Paris après avoir donné Ein Feldlager à Vienne en 1847 sous le titre Vielka. Auparavant, il aura écrit la musique de scène pour Struensee, drame écrit par son frère Michael Beer.

Nouveau triomphe dans la capitale française avec Le Prophète en 1849 que le musicien a révisé entièrement pour Pauline Viardot. Sa santé commence cependant à se détériorer, et il passera désormais chaque automne à Spa, ville thermale qu’il affectionne tout particulièrement, comme en témoignent les nombreuses références dans son journal. La ville de Spa lui érigera un monument.

Il crée pour l'Opéra-Comique deux œuvres de facture différente : L'Étoile du Nord (réutilisant la musique de Ein Feldlager) en 1854 et Le Pardon de Ploërmel en 1859 qui rencontrent un succès cependant moins éclatant que les précédents.

Honoré (Meyerbeer est le premier Allemand à être nommé commandeur de la Légion d’honneur) et reconnu comme étant l’un des musiciens les plus célèbres de son temps, il reçoit des commandes d’œuvres de circonstance. Il compose ainsi la Fest-Ouvertüre im Marschstyl pour l'Exposition universelle de Londres de 1862 et se rend en Angleterre à cette occasion.

Malgré la mort de Scribe en 1861 et des soucis de santé croissants, il reprend alors une partition commencée avant son départ pour Berlin, L'Africaine et parvient enfin à l’achever en avril 1864. Les répétitions commencent sous sa supervision, mais il meurt dans la nuit du 2 mai 1864, avant la création de l’ouvrage. Fétis est alors chargé de la préparation finale de la création le 28 avril 1865 à l'Opéra de Paris.


Références le site : http://fr.wikipedia.org/wiki/Giacomo_Meyerbeer


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