Francis Popy
( 1874 - 1928 )

Francis Popy est un compositeur français né le 1er juillet 1874 dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon et mort à Belleville (Rhône) en 1928. Sa musique est représentative de la Belle Époque.

Il s’initie très tôt à la musique. Son père dirige divers orchestres d’amateurs comme il y en a alors beaucoup dans la ville. Engagé volontaire à 18 ans, le jeune Popy rejoint son régiment à Paris dans un premier temps. Puis il part pour Rouen en tant que sous-chef de musique au 74e régiment d’infanterie. Il quitte finalement l’armée vers 1901 et revient s’installer près des siens à Belleville-sur-Saône.

Agé de 28 ans, il décide alors de fonder une famille et passe la bague au doigt de Marie-Antoinette Bussière, qui lui donnera une fille et trois fils. Entretemps la réputation qu’il a acquise à l’armée lui permet de prendre la tête de la célèbre fanfare lyonnaise à la suite d’Alexandre Luigini. Popy qui avait la réputation de ne pas être commode avec ses musiciens, obtient avec cette même fanfare le prix du Roi d’Italie à Turin.

Le jeune chef participe à plusieurs enregistrements de disques réalisés pour la firme Odéon, devient secrétaire de la Société des Auteurs, dirige l’harmonie de Villefranche-sur-Saône, puis se voit confier par le directeur Montcharmont le poste de chef d’orchestre du théâtre des Célestins avec lequel il donne de nombreuses opérettes.

Mais dès 1902, il se lance véritablement dans la composition et va peu à peu se consacrer uniquement à ce travail d’écriture. Popy se révèle alors un compositeur polyvalent capable d’adapter un opéra de Wagner pour la fanfare comme d’écrire des fox-trots lorsque le jazz pointera son nez à la fin de sa vie. Et lorque la France découvre l’exotisme à travers ses colonies, Popy compose des morceaux d’inspiration orientale.

Ballet des parfums, berceuse sicilienne, caravane hindoue, Colombine rêve, valse poudrée… Ces titres respirent le parfum désuet des musiques légères de la Belle Epoque.

Popy, qui restera comme un musicien populaire avant tout, compose des morceaux toujours en phase avec son temps. Que ce soit des polkas, des mazurkas, des valses ou des scottish, un seul mot d’ordre : la gaieté et l’insouciance. Typique de la musique légère de la Belle Epoque sa production est faite pour être jouée aussi bien dans les kiosques à musique que dans les cafés musicaux ou les salles obscures du cinéma muet. Il doit faire face à une demande constante de nouveautés.

Il produit une à deux œuvres par mois. Sa musique rencontre un franc succès en France bien sûr, mais aussi en Allemagne où ses marches sont encore jouées aujourd’hui. L’œuvre est importante : environ 401 compositions orchestrales et la musique de 144 chansons.

Il laisse à sa mort environ trois cent partitions. Sa Valse poudrée sera fredonnée par toute l’Europe. Sa Suite orientale remportera le premier prix du disque institué en Allemagne et aura l’honneur d’être joué par la prestigieuse Philharmonie de Berlin. Dans les années soixante l’armée américaine formait ses musiciens avec des marches militaires signées Popy.

C’est le 29 janvier 1928 qu’une pneumonie l’emporte, alors que sa santé fragile le faisait se partager entre Grasse et Belleville-sur-Saône.

Pourtant, cette réussite ne lui apporta qu’une gloire toute relative. Après avoir connu un succès aussi grand que durable, la musique dite « légère » ou encore « de genre » tomba dans l’oubli quand disparurent les caf conc’. La discrétion de l’homme a peut-être aussi coûté en notoriété à l’artiste.

Soixante-dix ans après sa mort, il revient sur le devant de la scène : un extrait de "Sphinx" (la valse qu’il a écrite en 1906), est joué dans Titanic le film-phénomène de James Cameron sorti en France en janvier 1998.

Et un jeune groupe de musiciens, pour la plupart solistes dans les grands orchestres parisiens "Sorties d’artistes" a heureusement remis au jour sa musique en enregistrant 18 de ses morceaux dans un disque "Les Frissons". Un bel hommage rendu à Popy.

( Ses renseignements sont issus de deux articles de presse : La légèreté de la Belle époque : article de Lyon Figaro du 7/3/1998 ; La véritable histoire du compositeur lyonnais Francis Popy : article de Lyon capitale du 18/3/1998 )


Références le site : http://www.guichetdusavoir.org/ipb/index.php?showtopic=9844


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